.
Les gens sont si sales ces derniers temps. J'ai l'impression qu'il n'y a plus de candeur en ce monde. Comme si tous les êtres humains se souvenaient avoir été des porcs, et aspiraient à y revenir.
Je l'imagine se faire prendre par tous les sens, se salir, rire, les yeux révulsés, la langue gonflée de désir. Je les vois horde à lui passer dessus, avec leur grosses mains encore grasses du cassoulet de midi. Ils rient à gorge déployée, d'une telle salope, et ils rient de moi.
C'est comme si le serpent parlait avant moi. C'est comme si plus rien d'autre que le réel le plus sombre ne gagnait du terrain. Comme si derrière chaque noblesse se cachait un charnier.
Je l'imagine se faire taire, se tirer les cheveux, je vois le gosse en lui chialer comme un hystérique, comme un prisonnier qu'on sort de sa cage, et qui déjà pousse la ritournelle du malheur et de la souffrance et de tant d'années à ne savoir quoi faire face à tant d'acharnement.
C'est comme si tout ce qu'il y avait de beau en ce bas monde portait une petite mention spéciale : des millions d'âmes humaines se sont crochetés les tripes, tordus les boyaux, la mâchoire raclée à même le sol rugueux. Des millions de corps en charpie. Le produit de ce spectacle.
dimanche 2 mars 2014
samedi 1 février 2014
.
.
Sur l'un de ses antiques meubles lustré à la cire d'abeille, une suite de photos d'hommes. Certains simplement encadrés et placés là, entouré de familles, d'amis. D'autre, un en particulier me semble-t-il, semblait orné d'objets lui ayant appartenu, artefacts d'un passé d'amour, vestiges de nos rituels païens, de cette façon qu'ont les vieilles personne d'honorer comme ils peuvent dans une époque qui ne veut plus leur appartenir.
J'ai fixé ces babioles antiques, ces photos souriantes de morts. Je me suis perdu en eux un moments, dans le pouvoir de souffrance surannées que m'influençaient l'aura de ces runes antiques
vendredi 24 janvier 2014
L'habit ne fait pas ta grand mère la pute
.
Je portais un costume qui aurait pu être celui d’un
ambulancier ou d’un garçon de table. Un costume blanc. Peut-être d’escrimeurs.
Je ne vois pas souvent mes habits dans mes rêves. Là je suis sensé faire une
sorte de ronde, passer par un couloir, arriver dans un entrepôt avec un grand réservoir,
d’un liquide, je ne sais lequel. Ca sent l’eau de javel. Une fille est là, la
vingtaine passée, elle me jette des coups d’œil. Je fais cette ronde comme prétexte
parce que je me fais chier. Moi et le mec avec qui je travaille. Je n’en sais
pas plus sur le boulot. Je fais cette ronde un moment, puis aperçois un attroupement. Les gens se pressent les uns contre les autres. Il leur faut quelque chose. Ils ont le regard qu’ils ont quand ils achètent des fringues dans les magasins, un regard qui ne leur fait plus ressembler à des humains, qui les rendent méconnaissables. Ils ont cette tête-là. Il s’agit je crois, de prendre une pause ridicule et d’être pris en photo. Par cet appareil, par ce type, à cet endroit. Les gens disent que faire ça te rends immédiatement « dans le coup », que si tu le fais pas, t’es qu’un loser, et qu’on pourra enfin avoir une bonne raison de te mettre dans le rang des losers, et de te brûler.
lundi 9 décembre 2013
Let me introduce yourself to yourself
.
C'est l'histoire de trois animaux assis dans un bureau autour d'une table, ils sont assis et discutent.
Le premier est une araignée. Comme toutes les araignée dignes de ce nom elle partage son temps entre faire une toile et raconter sa vie. C'est l'araignée la plus curieuse que je connaisse, elle doute d'absolument tout ce qui existe et qui n'existe pas. Elle peut être encline à faire de grandes choses, elle peut être en dessous de tout. C'est une sacré connasse. Ses cents cinquante yeux lui permettent de voir les différentes nuances du réel.
Le deuxième est un chat aveugle. Comme tous les chats dignes de ce nom il partage son temps entre s'endormir et griffer ce qui se trouve à portée de griffe. C'est le chat le plus sage que je connaisse, il ne parle presque jamais mais quand il l'ouvre c'est pour donner des ordres que tout le monde écoute. Parfois, il détruit la toile de l'araignée, parfois il se fait les griffes sur la chaise. Il n'est ni bon ni mauvais, mais fera tout ce qu'il peut pour que tout le monde survive.
Le troisième est un serpent. Comme tous les serpents dignes de ce nom il partage son temps entre injecter son venin et manger des trucs énormes. C'est le serpent le plus badass que je connaisse, il rêve de voir le monde brûler, et s'engueule avec l'araignée. Il voudrait prendre la place des deux autres, d'ailleurs sa queue passe par le dessous des trois chaises dans le bureau. Son énorme bouche hurle au désir éternel.
Cette salle est circulaire, et se situe au milieu d'un dôme plus grand, remplie d'eau. De l'eau de mer. Dans cette eau nages des poissons. Les poissons n'ont qu'a nager où ils le veulent, cela n'importe pas. La force cinétique de tous ces poissons en mouvement fait que la salle ou se trouve les trois animaux se tient exactement au centre de la pièce.
Allez expliquer ça a un psy.
Inscription à :
Articles (Atom)
