mercredi 23 septembre 2015

Vingts oeufs

. Dionysos rends fou ceux qui refusent de croire en lui. Mettons votre tête dans un bocal, comme ça. Cela vous va très bien. On peint certains rebords de murs, de fenêtre, des morceaux de toits, avec des peintures couleurs fluos, au hasard. Et puis les gens dans la rue se déguisent, comme pour Halloween, arborant des apparats sensés terrifier l'entourage, amuser la galerie. Dans les galeries commerciales la musique de fond est une note de violon, tenue et cinglante, traversant un nuage de fumée. "L'imagination est toute puissante, décernons lui cet instant." Et la foule se lève et explose. La foule explose. Personne n'a peur c'est juste des choses qui arrivent On en déconne même Jean Charles explose en plein milieu de sa chute de building Xavier explose en se mouchant Ca fais vingts balles, tu te reprends, la caissière lève ses sourcils d'attente, c'est vingts balles merci tire toi

samedi 9 mai 2015

Vision D'ensemble.

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La création artistique est innée, mais pas magique.

Ca ne vous tombe pas dans le bec comme ça.

Il s'agit d'une routine mentale, jalonnée de check-point qui sont des totems affectifs personnels, émotionnels, ou des ordures qui pour une raison qui m'échappe se sont retrouvées ici. Comme de la mauvaise musique.

Je n'ai pas dis que pour autant quelque chose de simpliste était invendable.

Simplement restons-en à cette histoire de routine agréable : un chemin dans un jardin que vous avez toujours pris, chez des parents ou relatifs. Il est toujours le même, pourquoi changer d'itinéraire ? Le plaisir est optimal de cette manière, tant et si bien que vous frémissez à l'idée du jardin, et plus particulièrement au souvenirs de ce chemin précis, cet angle là de la caméra vivante.


Je n'ai pas beaucoup étudié l'art académique. J'ai ma propre académie, mais merci.

Et l'envie de créer titille à ce moment là : quand la combinaison que vous prenez ce jour là est la "bonne", vous ouvrez cette porte là, celle des idées.
C'est une parade, à vous de faire le premier pas.

L'art convenu est un joli ruban d'idées qui s'entendent les unes avec les autres.

Il s'agit ensuite de sculpter une histoire, c'est l'intention de l'auteur. C'est ce qui fait que quelqu'un d'ennuyeux et de sale en dedans peut quand même produire des frasques éblouissantes avec un simple bout de papier.

Comme Kant

L'envie d'écrire par exemple apparait dans le bec comme ça, mais uniquement une fois les bons déclencheurs activés : (ici c'est souvent) très tôt le matin, une musique que je n'écoute plus, des yeux de fille.


L'art-divertissement est le témoin de Jéhovah des esthètes.

Et Paf ! On vient de donner naissance à un système : une routine fonctionnelle, une intention plus ou moins claire et l'envie d'aborder les muses. On peut alors classer ses œuvres par système. Elles pourront s'agencer tranquillement dans le temps, ou faire office de rupture :



Il ne faut pas oublier qu'il s'agit encore une fois d'un traitement de signal. Qu'il s'agit de moduler une fréquence, le signal du rêve éveillé.

Il ne faut pas être patient avec l'inspiration. Ca n'est qu'un muscle comme un autre.

dimanche 5 avril 2015

Wodaabes

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Un post par mort. La philosophie de l'arbre qui grandit dans les entrailles de celui tombé avant lui

Je n'ai pas de regret pour les choses que je n'ai pas faite dès lors que je sais que quelqu'un d'autre s'y attelle.
Ma conscience n'est qu'un morceau, je respire par celle de tout le monde. Je suis leurs yeux, ils sont les miens. Et tant que je défriche ce à quoi personne d'autre ne touche, je reste essentiel.

Et les objectifs déçus des amants éclatés, et la moiteur de la raison sur le monde, je ne m'en préoccupe pas.

J'ai entendu parler d'une tribu de nomade qui vénère le beau. Est ce possible de voir encore le beau sans son cortège d'hypocrisie quelque part dans le monde

Ils se fardent la gueule et se peignent les lèvres au charbon noir, et dans leurs danses exaltées le soleil rayonne tout du long dans le blanc de leur yeux et dans l'émail parfaite de leur dents.

mercredi 1 avril 2015

Petit aparté en carton pâte

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Teddy est debout devant sa glace de salle de bain carrelée, l'encadrement du miroir est recouverte d'une épaisse pâte de poils et de poussière conglomérée. Teddy ouvre une bière sans regarder, fixant son portrait comme il ne l'avait plus fait depuis ses vingts ans, lui qui en a maintenant soixante six.

Le pscht de la bière sonne le glas d'une série d'effronteries à l'égard de toutes les règles épuisantes inhérentes à l'appart de Teddy, on est en pleine semaine et en début de matinée, il est dans sa salle de bain en calbute. Sa femme l'aurait ramené à la raison, si elle n'était pas morte quelques années plus tôt. Elle seule savait et pouvait le faire, et maintenant qu'elle n'est plus là, Teddy s'en bat.






Bref il se matte depuis tellement longtemps qu'il nique la rythmique de mon histoire, le centre de son attention : entre les deux yeux. Car ce matin en se réveillant notre très cher ne voyait plus double mais triple. Triple. Triple épaisseur, cataracte, myopisme et tralala.
 Avec une chiée de couleurs qu'il n'avait encore jamais vu
 Avec les intentions et les réflexions des gens dans la rue qui résonnent dans sa tête.


Au dessus du nez de Teddy s'ouvrait et se refermait calmement un autre oeil que les autres, semblable en tout point mais avec cette lueur interdite. Teddy est en bad.


Dans la rue il porte un bonnet qui fait visière et ça le gratte. Il galère à marcher et à comprendre avec cet oeil fermé, tout le monde croit qu'il est bourré et à vrai dire il l'est un peu, alors ça passe.

L'évolution n'est pas sensée être pour les vieux, se raisonne Teddy. Les vieux sont sensés creuser dans le miroir de leur certitudes de merde pour aller se promener dans leur canyons le week end. Il n'est pas prêt il est trop tard, quand les gens lui parlent il entraperçoit leurs fantasmes et leurs cauchemars.



Alors le mec finit par se ressaisir, dans son appart tout bricolé pour pas qu'on puisse le voir, sur-blindé de lampes halogènes pour pas sombrer dans le noir, il prend un café avec sa femme.